| Inscription sur plaquette de plomb, IIIème siècle Av.J.C., Musée Archéologique, Florence. |
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| "Le texte contient des formules magiques d'imprécation d'une affranchie contre plusieurs personnes", peut-on lire dans un ouvrage de R.A.Staccioli (Le "mystère" de la langue étrusque), à propos d'une inscription gravée sur une plaquette de plomb conservée au Musée Archéologique de Florence.
Intriguée par cette inscription retrouvée dans un endroit près duquel j'ai habité plusieurs années (Campiglia Marittima, Toscane), je n'ai pas voulu "traduire" (je ne suis pas linguiste bien qu'ayant étudié les bases de la linguistique), mais tenter de reconstituer l'histoire à laquelle ce texte fait allusion, sur la base de ce qu'on est en mesure de déchiffrer avec certitude.
Si je ne suis pas linguiste, je connais bien l'histoire et la civilisation étrusque, je connais bien la région dans laquelle celle-ci s'est développée. En somme, il ne me restait plus qu'à faire "parler" le texte, me disant qu'il m'en resterait toujours un conte, une fable, une poésie qui, peut-etre, attirera et retiendra l'attention du lecteur de passage...
Cette "liberte" (esclave affranchie) s'appelait Titi (Tita, féminin de Titus) Sitria (féminin de Sitrius). Il s'agit très vraisemblablement, à mon humble avis, de la transcription de la prononciation locale en voie de latinisation. Sethre serait la transcription de l'étrusque, et Setrius la forme latine du nom de famille.
Les personnes dont le nom comparait avec certitude sont au nombre de sept y compris celui de Titi Sitria: cinq hommes: Setrius, Veltur, Lars, Caius, Aruns, vraisemblablement flûtiste ("shupu", puis "shupl"), et une femme: Tanaquil.
Il s'agit d'une malédiction à l'encontre de plusieurs personnes, et peut-être bien de tout un clan ou tribu ( "familii", "clientes" et/ou "gens"), c'est du moins ce que suggère le vocable "mkhin", de mekh (l'assemblée) + in sans doute un pronom démonstratif ou relatif, d'où l'idée de "gens", le clan familial.
On voit comparaître le chiffre 3 (ki), ce qui est bien normal: Titi maudit par trois fois, comme il se doit, selon le rituel, ceux qu'elle veut atteindre.
Un rituel sans l'invocation d'un esprit ou d'une divinité n'aurait aucun sens ni aucune possibilité de réalisation effective du voeu dans la mentalité tant primitive qu'archaïque. Celle-ci n'apparaît pas clairement dans le texte, compact et sans lacune dans son unicité. Logiquement, il devrait pourtant y en avoir une. Pourrait-ce être ce "hashmum" à en faire office? Ce terme n'est pas sans rappeler le nom du dieu phénicien Eshmum*, c'est-à-dire Hammon, un Baal comme il y en avait tant dans le bassin méditerranéen de l'époque archaïque en somme. Cela n'aurait rien de tellement surprenant quand on sait les relations étroites qu'eurent les étrusques et les carthaginois. Au III° siècle avant notre ère, il n'y a rien d'étonnant à ce que cette divinité soit connue dans un territoire qui se situe non loin du grand port où est convoyé et fondu le minerai de fer. D'ailleurs depuis le néolithique, les mines de plomb sont exploitées; indubitablement, la plaquette ne vient pas d'ailleurs, elle provient des alentours où elle a été trouvée.
Que peut bien demander Titi Sitria à l'esprit de la divinité qu'elle invoque? Quelque chose comme la privation du soleil ou de sa lumière, semble-t-il. Et, pour les anciens, le monde sans la lumière du soleil, c'est l'Hadès, la mort ("luu", altération locale de "lupu"?). C'est bien ce que nous suggèrent les termes "usi" (soleil) puis "lusii (lux ?)".
Et pour ce faire, et parvenir à ses fins, Titi doit encore faire quelque chose, sans quoi le rituel ne serait pas complet. Quelque chose qui a à voir avec l'écriture, la peinture, le tracé: Titi grave la plaquette de plomb en traçant les mots qu'elle prononce avec les lettres de l'alphabet qui sert à transcrire sa langue, l'étrusque du III° siècle Av.J.C., de gauche à droite comme l'alphabet grec ou latin avec également les lettres dans le même sens. On peut même présumer que la plaquette à été retrouvée à l’endroit même où elle avait été enfouie, confiée aux forces chtoniennes.
Aussi obtient-on à peu près ceci, en latin contemporain:
Siate maledetti, Setrius, Veltur, Lars
Siate maledetti, Aruns, Vel, Lars, Caius,
Lars, Vel, Aruns l'auleta ...
Siate privi della luce del sole Setrius, Vel, Lars, Aruns,
Tanaquilla e tutta la vostra gente, siate maledetti,
E vi avvolga la morte com'è scritto
Da Titi Sitria la liberta
Che per tre volte vi maledice.
(Soyez maudits, Setrius, Veltur, Lars,
Soyez maudits, Aruns, Vel, Lars, Caius,
Lars, Vel, Aruns le flutiste ...
Soyez privés de lumière Setrius,
Vel, Lars, Aruns,
Tanaquil et toute votre stirpe, soyez maudits,
Que la mort s'empare de vous comme l'a écrit
Titi Sitria l'affranchie
Qui par trois fois vous maudit)
Une langue râpeuse, que celle de Titi Sitria. La langue de quelqu'un qui a mangé des artichauts crus comme les toscans d'aujourd'hui. Le plomb, matière choisie pour l'inscription, ne peut être un hasard. Ce métal se trouve aisément dans la région et n'était sans doute pas le plus coûteux à l'époque, mais on peut supposer qu'il avait également sa valeur magico-religieuse outre à se graver facilement. Les mots gravés sur ce métal donne une impression d'âpreté et, si la langue reflète une âme assez rude, Titi n'en savait pas moins écrire. Considérant que Titi dit d'elle-même être une esclave affranchie, on peut en déduire que l'alphabétisation était assez répandue au III° siècle avant notre ère, d'autant que Titi est une femme et que son sexe avait sans doute moins accès à l'instruction que l'autre, tout en tenant cependant compte du fait que les femmes d'Etrurie devaient y avoir plus facilement accès que leur contemporaines latines.
Compte tenu de l'espérance de vie présumée dans l'antiquité (35 ans pour les femmes), il est difficile d'imaginer que Titi soit très âgée. Adulte pour savoir écrire et avoir racheté sa liberté où trouvé le moyen de se faire affranchir.
On pourrait se demander pourquoi Titi Sitria adresse à ce groupe de personnes une malédiction si ombrageuse et si profonde, lourde et grise comme le plomb qu'elle utilise. Sans doutes ces gens lui avaient causé un grand tort. L'un d'entre eux, Aruns probablement est flûtiste.
Sans doutes a-t-on affaire à un groupe d’esclaves, familii, domestiques spécialisés dans les arts pour le divertissement du patricien d’une villa, troupe d’artistes lui appartenant. Titi en faisait sans doutes partie.
Quoi qu'il en soit, Titi connaît l'art de la magie et signe de son nom. Supposer qu'elle avait été maltraitée par ses semblables, saltimbanques ou domestiques, avant d'obtenir sa liberté, parait logique. Subir des affronts, sort des esclaves, pour prix de sa liberté pourrait bien avoir été à l'origine d'une aussi sombre malédiction...
*Certains on vu dans "eshmum" un vocable ayant un rapport avec l'assemblée du peuple, le peuple, la tribu. Ce n'est pas impossible si l'on accepte la thèse des linguistes se fondant sur la Théorie de la Continuité Paléolithique à propos de l'origine des langues Indo-européennes, notamment celle de Mario Alinei, de l'université d'Utrecht pour qui l'étrusque est une forme archaique du hongrois.
A.P. in arte Floreal scrisse, 02 / 2003
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| LES DECOUVERTES DE LA BIOLOGIE |
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| Nous savons, depuis la publication de l'ouvrage de Jean Bernard Le sang et l'histoire, que le groupe sanguin dominant dans les territoires cantabriques est 0- et que plus on s'en éloigne en cercles concentriques et plus le pourcentage de ce groupe dans la population décroît jusqu'à être encore dominant dans une plus faible proportion en Ligurie, groupe sanguin correspondant à la plus ancienne population de l'Europe méditerranéenne connue. Par ailleurs, les études qui ont été faites sur la population toscane actuelle ont démontré une proportion de 5% appartenant aux groupes A et B supérieure au reste de la population italienne. Ceci pourrait apparenter les proto-étrusques aux populations orientales d'Arménie, aux Hindous et aux gitans Sinti.
De leur côté les anthropologues sont limités dans leur recherches par la pratique diffuse de l'incinération des défunts. Les études systématiques qui ont cependant été faites sur les squelettes provenant des tombes d'Étrurie ont révélé des données dont il est difficile de tirer des conclusions certaines. Sur 44 crânes, 34 étaient dolichocéphales et mésocéphale tandis que 14 étaient brachycéphales. On en conclut que les crânes longs et moyens correspondraient à ceux du type des envahisseurs venus de l'Orient tandis que les autres correspondraient à celui des indigènes. L'aspect et les proportions de ces crânes correspondent cependant à la moyenne de ce qu'on sait de la population de toute l'Europe méridionale au néolithique.
Selon des études génétiques les plus récentes, l'Ève mitochondriale toscane a 17 000 ans. |
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| Le résultat de l’analyse de l' ADN mitochondrial prélevé sur 80 individus ayant vécu en Etrurie entre le VII et le IIème siècle Av.J.C., réalisée par l’équipe de chercheurs du département de biologie de l’université de Ferrare sous la direction du professeur Guido Barbujani a été publié sur la revue "American Journal of Human Genetics".
Selon les résultats de ces recherches, les actuels toscans ne sont pas les descendants des étrusques.
Les résultats de cette analyse révèlent également que ceux-ci étaient un groupe intrinsèquement homogène sans échanges avec d’autres ethnies. Un des aspects qui a surpris les chercheurs est la rapidité avec laquelle leur ADN a disparu sans laisser de traces dans la population toscane actuelle, deux millénaires étant des temps relativement brefs du point de vue de la génétique.
Les résultats de cette analyse apparente l' ADN de cet échantillonage à celui des populations anatoliennes de la Turquie actuelle. Les éléments analysés provenant de tombes riches, appartenant à l’aristocratie étrusque, laisse penser qu’il s’agissait d’une élite dominante et non assimilée avec le reste de la population d’alors, population Villanovienne dont les toscans actuels seraient les descendants.
A.P. in Arte Floreal scrisse, 29 /05/ 2006 |
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| LA LANGUE DES ETRUSQUES |
| La langue étrusque fut parlée sur le territoire de l'ancienne Étrurie, en Italie centrale, correspondant grosso modo à l'actuelle Toscane (qui lui doit son nom), à partir du VIIIe siècle av. J.-C., jusqu'à son extinction en tant que langue vivante aux alentours du IIe siècle ap. J.-C.
Il existe un corpus, soit un ensemble d'inscriptions en langue étrusque conservées jusqu'à ce jour, dument répertoriées et provenant pour la plupart d'entre elles, de Campanie, du Latium, de Falerii et Faliscus, Véiès, Cerviteri (Caere), Tarquinia et alentours, mais aussi d'endroits plus éloignés, hors de l'Étrurie, et avec lesquels celle-ci entretenait d'étroits rapports diplomatiques ou commerciaux : ce qui deviendra à l'époque romaine la Gallia Narbonensis (la Narbonnaise), mais aussi la Corse, la Sardaigne et l'Afrique du Nord où Carthage était souveraine.
Le seul langage attesté avec lequel on ait trouvé une parenté avec l'étrusque est celui qui fut parlé dans l'île de Lemnos, avant l'invasion athénienne (VIe siècle av. J.-C.), où des stèles ont été trouvées, comportant des inscriptions rédigées avec des caractères proches de ceux utilisés par les Étrusques. |
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| Outre les abécédaires et les inscriptions épigraphiques (cf. alphabet étrusque) que l'on trouve sur quantité d'objets comme les poteries ou les miroirs de bronze, sur les parois des tombes ou des sarcophages, inscriptions généralement brèves et limitées aux nom et filiation des personnes auxquelles appartenaient ces objets ou ces sépultures, les textes les plus longs et les plus importants sont les suivants:
La Tuile de Capoue
Un texte de dix paragraphes divisés chacun par une ligne horizontale et comportant soixante-deux lignes où trois cents mots lisibles se sont conservés. Il s'agit d'un texte de nature religieuse relatant un rituel contenant des prescriptions relatives à des rites funèbres.
La « Stèle » de Pérouse
Quarante-six lignes et une centaine de mots, relatifs à un contrat passé entre deux familles à propos des limites des domaines respectifs (il s'agit davantage d'une borne que d'une stèle).
La "tabula Cortonensis"
Trouvée à Cortone en 1992, c'est pour la longueur le troisième texte. Là aussi, il s'agit d'un contrat stipulé entre deux familles au sujet d'une propriété. La plaque de bronze est pourvue d'une sorte de manche, qui permettait de l'extraire des archives notariales dont on suppose qu'elle faisait partie.
Quatre Inscriptions sur tablettes de plomb
trouvées:
• la première aux alentours de Rome à Sta. Marinella, onze lignes et environ mots lisibles, réponse oraculaire ou formule de nature rituelle
• la seconde à Magliano, dans la Maremme, incisée en spirale et faisant allusion aux offrandes en l'honneur de plusieurs divinités
• la troisième à Volterra comportant treize lignes et environ soixante mots, de nature vraisemblablement magico-rituelle
• la quatrième à Campiglia Marittima dans le nord de la Maremme, comportant dix lignes et une cinquantaine de mots, correspondant à une malédiction lancée par une affranchie à l'encontre de plusieurs personnes
(Voir ci-dessus: TITI SITRIA)
Les Tablettes de Pyrgi
incisions sur plaquettes d'or retrouvées dans le sanctuaire dédié à Astarté, deux inscriptions intéressantes en ce qu'elles ont été retrouvées avec une troisième rédigée en langue punique (phénicien), inscription bilingue donc. La première contient la dédicace, de la part d'un certain Thefarie Velianas, « magistrat » ou « seigneur » de Caere (Cerviteri) à la déesse assimilée ici à Uni (Hera-Junon), ainsi qu'une formule augurale. La seconde fait allusion aux cérémonies qui doivent être accomplies en son honneur.
La Momie de Zagreb et le "Liber linteus"
Le texte le plus important qui ait été retrouvé, de par la longueur et par conséquent le contenu, vu la rareté et la brièveté des textes qui sont parvenus jusqu'à nous et qu'il est convenu d'appeler le Liber linteus. Il s'agit d'un « livre », manuscrit sur toile de lin, servant de bandelettes enveloppant une momie trouvée en Égypte et conservée au Musée National de Zagreb, d'où son nom. Datant du I siècle ap. J.-C. environ et au plus tard, il s'agit d'un texte calligraphié en rouge et noir en une douzaine de colonnes verticales et, sur les 230 lignes contenant environ 1 200 mots lisibles, plus une centaine qu'il est possible de déduire du contexte, cinq cents mots originaux émergent compte tenu des répétitions typiques des formules et invocations rituelles. On pourrait définir ce livre une sorte de calendrier religieux évoquant certaines divinités et les cérémonies à accomplir aux lieux et dates indiqués.
Le « Livre d'Or »
Appelons ainsi les six plaquettes reliées par des anneaux, récemment retrouvées en Bulgarie et conservées au Musée National de Sofia, depuis qu'elles ont resurgi de manière assez rocambolesque. Elles avaient, paraît-il, été découvertes vers 1940 dans une tombe lors de l'excavation d'un canal dans le sud-ouest de ce pays, puis conservées secrètement, et anonymement léguées, en ces premières années deux mille, par son possesseur agé de 87 ans et vivant en Macédoine.
Il s'agit de plaquettes comportant les bas-reliefs d'un cavalier, d'une sirène, une harpe, et un texte (ces feuilles d'or se présentent de la même manière que celles de Pyrgi et ont la même apparence). Il existe ainsi une trentaine de feuilles d'or, selon la responsable du département d'archéologie du musée de Sofia. Le texte étant en cours d'étude à Londres, les experts n'ont pas encore publié le compte rendu de leurs recherches. |
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| CLASSIFICATION LINGUISTIQUE |
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| Il est dificile d'établir, selon les spécialistes, si la langue étrusque est liée et de quelle manière, à la famille des langues indo-européennes.
Selon certains linguistes britanniques, elle appartiendrait à une « super-famille » que ceux-ci nomment « nostratique » ou eurasienne. Une thèse intéressante en ce qu'elle ouvre de nombreuses perspectives. Une telle origine supposerait en effet remonter en des temps beaucoup plus reculés qu'il est généralement habituel de le faire quand on a jusqu'à présent cherché celle-ci. Aussi s'agirait-il davantage non pas tant d'une langue indo-européenne, que pré-indo-européenne, proto-indo-européenne en son stade le plus avancé. Ceci expliquerait les nombreuses ressemblances qu'on a pu trouver à la langue étrusque avec soit certaines langues du pourtour de la Mer Noire par exemple, soit avec, comme cela a plus souvent été le cas, des langues définies comme non indo-européennes telles que les langues finno-ougriennes (finnois) ou le basque (cette dernière étant sans doute la plus ancienne parlée sur le continent européen). Pour certaines, il s'agirait alors davantage de langues pré-indo-européennes que non indo-européennes, et l'on pourrait ainsi appeler « non indo-européennes » celles qui, parlées de l'Atlantique à l'Indus, se sont cristallisées à ce stade, connaissant par la suite une évolution autonome.
Il est bien certain qu'avant l'éclatement, symbolisé par la Tour de Babel, de la langue originelle en une multitude de dialectes devenant en se caractérisant sur des aires géographiques restreintes, de véritables langues distinctes les unes des autres, cette langue originelle archaïque* et peu différenciée appartient au néolithique.
L'indo-européen est une langue supposée et recomposée, artificielle en fait, reconstruite au siècle dernier par les linguistes, avec toute l'exactitude que les méthodes modernes et récentes ont pu permettre. Mais le terme même d'indo-européen est quelque peu arbitaire en ce qu'il recouvre une aire géographique très vaste et assez vague. Cela dit, si l'indo-européen est une langue reconstruite en laboratoire selon les règles de la linguistique et les lois de la phonétique, et s'il a été possible de la reconstruire, il ne peut qu'être d'autant plus possible de reconstituer et restituer la langue étrusque dont on possède tout compte fait un nombre de textes non négligeable, s'il n'est pas énorme.
Il faut noter qu'un certain nombre de mots, nettement minoritaires, n'appartiennent pas directement à la langue étrusque; il s'agit d'emprunts, « étrusquisés », faits aux langues des divers autres peuples que cotoyaient les Étrusques.
Enfin, il faut tenir compte du fait que de nombreuses polémiques ont agité les linguistes au sujet de cette langue en vertu de la connotation idéologique qu'à pu prendre pour certains le terme « indo-européen ». Ceci est bien regrettable parce que d'une part, cela a contribué à jeter une ombre sur une civilisation qui, en soi, n'est jamais qu'une civilisation du monde antique parmi les d'autres, et d'autre part parce que, au-delà du fait de savoir si on doit la classer ou non parmi les langues indo-européennes, il serait plus intéressant de savoir ce que nous disent les textes, or cette langue qu'est l'étrusque est suffisamment connue pour qu'on puisse sinon en traduire les textes parvenus jusqu'à nous, avoir une idée de ce dont ils traitent.
La numération
Les six premiers chiffres, inscrits sur les dés:
1. thu
2. zal
3. ci
4. huth
5. mach
6. sa
7. zesths
8. cesths
9. nusths
Les nombres étrusques présentent des ressemblances avec les nombres des autres peuples Anatoliens, Akkadiens et Sumériens.
La dizaine : Saris
Φ: 1000
Les noms des dieux
Ils proviennent du Panthéon Hourrite et pré-Grec. Teshub par exemple, le Tarhui Hatti devenu Tarhund/Tarchun chez les Hittites devient Tarchonte/Tagete (Tagès) chez les Étrusques. Il en va de même des autres dieux : Turan « déesse du ciel » (Vénus) ; Laran « dieu de la tempête » (Mars); Fufluns « dieu soleil » ; Thesan « déesse de la lumière » (Aurore).
Bibliographie
• Il « mistero » della lingua etrusca, Romolo A. Staccioli (On trouvera à la fin de cet ouvrage un glossaire des mots étrusques actuellement déchiffrés avec certitude.)
A.P. in arte Floreal scrisse, 07/08 2004. Ecrit pour et publié sur fr wikipédia.
Mis à jour le 18 juin 2006 |
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| CULTURE DE VILLANOVA |
| L'espace sur lequel va se former la future Étrurie est déjà nettement dessiné au début du premier millénaire av. J.-C. et relève de ce qu'on appelle la culture de Villanova (site archéologique dans la région de Bologne), culture néolithique et entité tribale connaissant déjà le travail des métaux, dont celui du fer.
Caractérisque de celle-ci est l'usage de l'incinération des défunts dans des urnes biconiques (ce qui a prêté à certains historiens de penser à une origine nordique vue la similitude de cette pratique avec celle de ce qu'on appelle les « Champs d'Urnes » qu'on trouve dans les plaines danubiennes) et une céramique particulière, de couleur noire, qu'on appelle « bucchero ». Le minerai de fer était déjà employé, provenant pour beaucoup de l'île d'Elbe que les Grecs, qui s'y fournissaient sans doute, appelaient « Aithalia »; ils appelaient également par le même nom l'ile de Lemnos. Cette population avait du commencer à émigrer en ondes successives aux alentours des trois derniers siècles du IIe millénaire av. J.-C. du pourtour de la Mer Noire et sont considérés par daucuns comme proto-celtes, ceux-ci même qui vont pénétrer en Provence et dans toute la péninsule ibérique outre que dans toute la péninsule italienne. Ils n'étaient cependant pas les premiers habitants de la péninsule, qu'ils ne trouvèrent pas vierge et inhabitée. De nombreux sites préhistoriques en témoignent, et l'on sait que la Sardaigne était habitée dès le VII° millénaire par une très ancienne population méditérranéenne, non indo-européenne, celle qui construisit les mégalithes dont il reste des vestiges dans toutes l'europe occidentale et qu'on appelle nuraghes en Sardaigne, la même qui se trouvait sur le continent.
La péninsule italienne à l'age du Bronze
Elle est alors caractérisée par une nette homogénéité culturelle qui se dénote à travers le même type de céramique et le même type de rituel funéraire où l'incinération des défunts prédomine, cependant deux types de sépulture coexistent vers le sud, particulièrement dans la région de Caere (Cerviteri) et Vulci où l'on trouve également les fameux tumulus que l'on sait. Ceci est sans doute lié aux contacts de cette zone avec la Sardaigne. Dès cette époque, il existe des contacts et échanges commerciaux avec les Mycéniens et toute l'aire Chypro-Mycénienne dans le sud de la péninsule et la Sardaigne.
Début de l'Âge de Fer
La diffusion de la culture Villanovienne est attestée dans toute la péninsule, où elle se révèle avec une particulière homogénéité sur tout le territoire de l'actuelle Toscane et limitrophe. Ce qui est remarquable à cette période, c'est la densité, et la capillarité, de la présence humaine sur le territoire. En effet, les sites sont en moyenne distants de 5 à 15 km les uns des autres. L'exploitation agricole rationelle et systématique donne l'impression de se trouver en présence d'un vaste processus de colonisation, commencé au cours du IX° siècle B.C., et mené à terme en l'espace de deux à trois générations. Le paysage rurale sera alors constitué de villages tous assez semblables peuplés de petites communautés agricoles dénotant une société assez égalitaire.
Début de la civilisation Étrusque
Sur la toile de fond décrite ci-dessus vont émerger des aristocraties liées à une différenciation socio-éconimique des différents groupes sociaux qui se sont constitués. La famille nucléaire substitue la tribu, correspondant à l'instauration du pouvoir du pater familias. On assiste alors à la transmission de l' heredium, de l'hérédité de la terre au sein de la même famille, ce qui constitue un des changements majeurs de la période proto-historique, et qui va déterminer la mise en place d'un système social dans cette société archaïque qui nous est bien connu puisqu'il a été décrit par les auteurs romains qui, en latin, le définiront comme suit:
- rex/roi
- populus /peuple
- curiae / associations d'hommes où l'infanterie est recrutée
- tribus / tribu où se recrutent les membres de la cavalerie
- patres / conseils des anciens
- clientes / citoyens attachés au services des patroni (personnes éminentes)
- familiae / famille nucléaire
- gentes / groupes liés par la consanguinités et autre type de dépendance
C'est vers la même époque, toujours au cours du IX°siècle et sans doutes durant les deux ou trois siècles précédents qu'arrivent par mer et par petits groupes les Tyrréniens, qui ne devaient pas être très nombreux, et qui s'intègrent dans la société qu'ils trouvent, apparemment sans trop de heurts puisqu'aucune trace d'invasion avec ses corollaires d'incendies et de destructions ne viennent déstabiliser le processus de colonisation Villanovienne. On peut également remarquer que cette arrivée coincide avec le début de ce qu'on appelle la « période orientalisante » de cette société qu'on dénomme « Étrusque » à partir de ce moment. Cette arrivée des Tyrréniens n'est sans doute pas étrangère à l'émergence de ces aristocraties auxquelles appartiendront, dans un premier temps, la connaissance de l'écriture qui apparaît alors en Étrurie. Il faut aussi considérer un autre phénomène important durant cette même époque, la présence des Phéniciens en méditerranée occidentale, établis dans le sud-ouest de la Sardaigne, à Nora dès le IX° siècle, avec lesquels les Étrusques auront d'étroites relations commerciales aux siècles suivants. |
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| LES TYRRHENIENS |
| Les «Tyrrhéniens» sont cette tribu faisant partie des «Peuples de la Mer» qui, par extension et par amalgame avec la population néolithique villanovienne donnera le nom «étrusque» qui caractérisera ce peuple dont la civilisation est connue sous ce nom en Italie centrale.
"Tyrrhènes", par contre, désigne par convention un peuple de culture épicardiale (entre -4500 et -3500)stationné en Italie occidentale. On trouve également «tyrsènes» pour désigner ceux qui, à la même époque, s'installent en Andalousie
{Du Grec «Tyrsenoi», (prononcer «TURsenoi»), d'où provient tant le vocable «Tyrrhénien» que le vocable «Etrusque», le premier laissant son nom à une mer et le second à une civilisation, recouvrent une réalité tant historique que mythique (voir articles connexes). Il importe ici de marquer la différence entre le mythe et la réalité. Le mythe laisse sa part au rêve, la réalité nous ramène à l'histoire et au cadre dans lequel se campe une civilisation, où il n'est de «mystère» que ce qui n'a pas encore été découvert, ce qui ne veut pas dire que ce que l'on ignore encore n'ait pas d'explication rationnelle encore à découvrir; tant s'en faut. Actuellement, pour les connaissances que nous avons de cette civilisation, c'est davantage à travers son art qu'à travers sa langue qu'on la connaît. Quel est le bilan laissé par la production artistique étrusque?
L'expression d'une classe dominante: celle des princeps, des princes Tyrrhéniens
Un tissu constitué par la mentalité, les ambitions, l'avidité et les peurs de cette classe, tissé autour de généalogies tant mythiques que réelles reflétant sa soif de domination. Parmi les options culturelles qui s'offraient à celle-ci, ses élites choisissent, entre le IX° et le VII° siècle avant notre ère, entre la voie Phénicienne et la voie Grecque, cette dernière.
Le choix de la voie Grecque
Pourquoi un tel choix, alors que les relations avec le monde Phénicien d'abord et avec Carthage ensuite ont été si étroites et si suivies? Parce qu'il y avait une plus grande homogénéité de structures économiques fondamentales entre le monde étrusque et le monde grec : la terre, alors que le monde Phénicien se fondait sur la domination de la mer. Pour autant l'Etrurie ne devint pas grecque ni jamais ne fera partie de la Grande Grèce, parce qu'étrusques et grecs ont deux manières différentes de produire, et ceci à cause des exigences différentes tant de leurs princes que de leurs cités.
La différence
Les aristocraties étrusques sentirent bien les grecs comme semblables à eux malgré leur différence, de même que les grecs décrivirent les étrusques comme des « semblables différents »: Lydiens, Pélasges, Troyens, à mi-chemin entre grecs et métèques; étrusque comme grecs percevant bien que ce qui les différenciait était leur manière de se sentir aristocrates. Ce que les grecs déposèrent dans leurs temples, les étrusques le déposèrent dans les tombes. L'épée (qui tranche le nœud Gordien en est la meilleure illustration) pour les grecs; le trépied (le «chaudron», image emblématique de la religiosité) pour les étrusques. Après avoir adopté les modes orientalisantes Puniques qui ne tarderaient pas à décliner, les étrusques choisirent et adoptèrent les modes montantes grecques après le déclin Mycénien, (Mycéniens qu'ils avaient déjà connus et dont ils s'étaient déjà inspirés). Mais s'ils en adoptèrent à part entière les modes figuratives, ce fut pour exprimer des concepts et des thèmes différents, et propres aux peuples non-grecs d'Italie.
Il en va de même du panthéon grec adopté par les étrusques ainsi que les mythes: adoptés sans réserve oui, mais selon un code sélectif valorisant leur patrimoine idéologique national pour la transmission des valeurs hédonistes de leur société opulente, et non pas frugale comme celle des grecs.
Ainsi, en dépit de son thesauros, son «trésor», à Delphes, Caere ne sera pas une copie de Corynthe et, si l'on peut hasarder une comparaison, l'Etrurie sera davantage comparable à la Thessalie et à la Lycie qu'au Péloponnèse ou à l'Ionie, et voilà bien ce qui fit apparaître les étrusques à la fois semblables et pourtant différents aux yeux des grecs. Ceci est d'une importance capitale pour comprendre le soi-disant «mystère» qui auréole la civilisation étrusque qui n'a de «mystérieux» que ce qu'on en ignore encore. «Mystère» des origines dont ont débattu les spécialistes dès l'antiquité, ces historiens que furent Hérodote ou Denys d'Halicarnasse pour ne citer qu'eux.
Le débat sur le «mystère» des origines
Le débat antique:
Connaissant l'origine de l'antique débat engendrant une tradition recouvrant une part de vérité à propos d'une migrations des Tyrrhéniens de l'Egée vers l'Italie, il importe de prendre en compte une multitude d'éléments mythico-historiques, et plus encore les ambitions généalogiques locales, particulièrement à l'époque d'Auguste où Virgile compose l'Enéide, œuvre littéraire magnifique parvenue jusqu'à nous, toute à la gloire de la période de cet empereur et des nobles, y compris les nobles étrusques latinisés et ayant eu accès aux plus hautes charges, dignitaires de l'empire, telle la famille des Caecina par exemple.
Le débat moderne:
Ce débat, qui était compréhensible dans le cadre de la mentalité antique, ne semble pas avoir été compris par nombre de modernes, ce qui jette une ombre négative sur la civilisation étrusque en l'auréolant d'un «mystère» qui ne lui incombe pas, de sorte qu'au lieu de s'en tenir aux faits et à ce que démontre l'archéologie, on entoure encore cette civilisation d'éléments mythiques où pseudo-historiques qui peuvent aussi présenter un intérêt mais dans un autre cadre, et qui, pour la plupart, attendent encore d'être démontrés et documentés.
Bibliographie:
"L'arte degli Etruschi", M.Torelli. Laterza ed.
A.P. in arte Floreal scrisse, 16 aout 2004. Ecrit pour et publié sur fr wikipédia. |
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| VELIA SPURINNA |
| Nièce de Velthur le Grand, qui avait commandé deux armées contre Syracuse, et de Ravnthu Thefrinai, elle était sœur de Avle, le héros de Tarquinia qui affronta Rome et en fut victorieux. Elle épousa Arnth Velcha, qui appartenait à une famille aristocratique, de magistrats de haut rang puisque ceux-ci avaient le droit d’être escortés par des licteurs porteurs de faisceaux et de la double hache qui, d’abord à Tarquinia puis à Rome furent le plus grand symbole du pouvoir.
Nous connaissons l’aspect des Velcha puisque plusieurs d’entre eux furent peints sur les parois de leur grande tombe, celle des Scudi (boucliers), prenant son nom des armes qui sont représentées sur l’une de ses fresques. Entre autres apparaissent les parents de Arnth qui, allongé sur le lit des convives devant une table dressée, échangent l’œuf de la fertilité éternelle tandis qu’une jeune servante agite au-dessus d’eux une évantail de feuilles et de plumes. Arnth et son frère Vel, enveloppés dans leur manteau, sont au contraire debout près d’une porte.
Vélia, en se mariant, prit le nom des Velcha. Elle est cependant représentée dans la tombe des Spurinna, dite tombe « de l’Ogre », parce que, derrière la jeune femme, se tient une créature infernale et monstrueuse, Charon, le nocher des âmes.
A.P. in arte Floreal scrisse, 4 juin 2005. Ecrit pour et publié sur fr wikipédia. |
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| LE RETOUR D'UN PREFET DE ROME D'ORIGINE GAULOISE EN NARBONNAISE EN 415 |
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| Rutilio Namaziano (Rutilius Namatien)
De reditu suo (Le retour) |
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| Appartenant à une riche famille de propriétaires terriens originaire de Gaule où il passe son enfance, il suit son père nommé Gouverneur de Tuscia et Umbria (Toscane et Ombrie). De culture classique, il est nommé Préfet de Rome en 413, et au fait de sa carrière décide de revenir dans la Narbonnaise, pour se rendre compte de l’étendue des dévastations perpétrées par les Wisigoths dans son domaine, vraisemblablement vers Toulouse. Rome avait été précédemment saccagée par les Vandales en 410.
A l’automne, période limite de la fermeture de la navigation saisonnière en méditerranée, il s’embarque à Ostie le 14 novembre 415, la via Aurelia lui semblant rendue peu sûre par la présence des Goths qui ont détruit les ponts, rendant la route côtière difficilement praticable. Sous forme de poème, il écrit le récit de son voyage par mer qu’il effectue en huit étapes sur environ deux semaines, suivant la route maritime suggérée par l’Itinerarium Maritimum, sorte de guide de la navigation en méditerranée. Marseille est la destination probable de ce voyage maritime, dont le récit est interrompu à Luni (Carrare) aux premiers jours de décembre. Le reste est perdu.
Dans son poème qui commence par l’éloge de Rome : «Est-ce trop que de vénérer Rome toute la vie ?», il médite sur le déclin irrémédiable de Rome et c’est à contre-cœur qu’il s’éloigne de la Ville. «Tu as fait une seule patrie de peuples différents, ta conquête a servi à qui vivait sans loi : offrant aux vaincus l’union dans son droit rendant unique l’Urb divisée» écrit-il avec nostalgie.
Rutilio décrit chaque étape et les lieux qu’il visite. Son récit est un précieux témoignage du paysage et des villages de la côte du Latium et de la Toscane de l’antiquité tardive. «Les villes aussi peuvent mourir», écrit-il en passant devant l’antique Populonia, étrusque avant de devenir Romaine, dont ne subsiste plus que les ruines de ce qui fut le plus grand port de l’étrurie.
Il s’agit avant tout d’une œuvre poétique qui présente un contraste saisissant entre la splendeur du passé et un présent de ruines et de désolation. On perçoit dans la poésie de Rutilio l’appréhension d’un futur lourd d’incertitudes.
A.P. in arte Floreal scrisse, Juin 2005.
Bibliographie
"Guide du musée archéologique de Piombino". |
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| 1. s(e)th vilshu l(ar)th c(ae) l(ar)th inpa apicun
2. thapintash a(rn)th vi ishu l(ar)th c ilshun
3. l(ar)th sc l(ari)s velshu (arn)th shupu
4. (arn)th shupl l(ari)s hashmum
5. s(e)th c li usi (arn)th c lusii vlruns v
6. thancril vilshu zirish im sh si
7. mkhin aprinshain inpa thapicun
8. thapintaish ki ushn cnpa sapicun i
9. luu thapicun clsh zirish
10. titi sitria lauinita
*sh / th = en (shine, thing)
*kh: gutturale proche de l'allemand (Bach)
*(* )nom entier correspondant aux abréviations
Noms latinisés:
- seth: Setrius
- arnth: Aruns
- larth: Lars, Laris
- cae: Caius
- thancril: Tanaquilla |
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| Toutes ces copies de statuettes de bronze ou de détails de fresques ont été réalisées à l'aquarelle. |
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| * "L'arte degli Etruschi", M.Torelli. Laterza ed.
*"La storia degli Etruschi", M.Torelli. Laterza ed.
* "Il « mistero » della lingua etrusca", Romolo A. Staccioli
* "La vie quotidienne chez les Etrusques", Jacques Heurgon, Hachette, Paris 1961
(Vita quotidiana degli Etuschi/ il Saggiatore, Milano, 1963) |
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| MYTHOLOGIE ETRUSQUE |
| Tite-Live nous a laissé le témoignage de la profonde religiosité du peuple étrusque : « La nation la plus religieuse qui soit », en disait-il. En effet, il n'est rien qui ne fût religieux dans leur culture, en dépit de l'amour pour la vie qu'ils manifestaient, jusque sur les peintures de leurs tombes.
La mythologie étrusque est née de la révélation faite aux hommes par la nymphe Bégoé, ou Végoia, et le génie Tagès. La première était liée à la fertilité et les rituels (consignés dans un traité) dépendaient de celle-ci. Le second passait pour être un enfant chauve, enfant-vieillard, sorti d'un sillon de la terre. Cette révélation passe, aux dires des anciens, avoir été consigné dans le corpus des livres sacrés, sous le nom de Disciplina etrusca. Ce thème de la révélation d'un "livre saint" ou d'une doctrine secrète par un être surnaturel n'est pas rare et est attesté en Égypte et en Mésopotamie, en Inde et au Tibet. Ce fait devint même populaire à l'époque hellénistique et le scénario du puer aeternus qu'est Tagès rappelle l'hermétisme. Cicéron précise que les Grecs l'assimilaient à Hermès Chtonien (Hermès Trismégiste).
Disciplina etrusca
Les Anciens nommaient ainsi l'ensemble de plusieurs livres, consistant en différents traités religieux, dont aucun texte original en langue étrusque ne nous est parvenu. Nous n'en avons connaissance qu'à travers les auteurs latins, et nous n'en savons que ce qu'ils en ont dit, ce qui nous permet toutefois d'avoir la certitude qu'ils aient existé.
Les deux premiers traitent de l'art de la divination, tant à travers l'examen des viscères des animaux sacrifiés que des foudres. Le troisième concernait la règle des cultes pour la fondation des villes et la consécration des sanctuaires, le quatrième du monde d'outre-tombe, et le dernier du destin et des limites de la vie.
* le traité des Foudres; Libri fulgurales
attribué à Vegoia, dont on a connaissance par Sénèque et Pline. La doctrine des foudres exposait la signification des coups de tonnerre pour chaque jour de l'année. Une foudre tirait en outre sa signification selon la portion du ciel d'où elle provenait et où elle tombait. Le ciel, divisé en seize sections constituait donc un langage, virtuel, lui même constitué par les phénomènes météorologiques qui s'y produisaient. Onze types de foudres étaient répertoriés, maniés par différents dieux. Aussi le message était-il à chaque fois différent et il incombait aux spécialistes qu'étaient les haruspices de les interpréter. On peut y voir des analogies avec la doctrine chaldéenne et y percevoir une influence des Meteorologica du pseudo-Aristote. Le schéma fondamental est cependant archaïque et repose sur le binôme macrocosme/microcosme.
* le traité du rite; Libri rituales, auquel est rattaché le traité de l'Au-delà ;
* le traité de l'Au-delà; Libri Acheruntici
attribué à Tagès, ce traité, pour les quelques fragments que l'on en possède, ne permet guère le rapprochement avec le Livre des Morts égyptien. D'après Arnobe (Adversus Nationes, II, 62), auteur chrétien du IV° siècle, "dans ses Libri Acherontici, L'Étrurie promet que, par le sang de certains animaux offert à certaines divinités, les âmes deviendront divines et échapperont à la condition mortelle". Selon une information rapportée par Servius (ad Aen. III 168), à la suite de certains sacrifices les âmes se transforment en dieux qu'on désigne comme animales pour rappeler leur origine. La "divinisation des âmes" nous apparaît ainsi attestée, donnant une dimension eschatologique à la religion des Étrusques. Si l'essentiel de leur pensée religieuse nous échappe, on peut cependant en déduire certains éléments : s'agissant d'une déification de l'âme à la suite de rituels sanglants, cela renvoie soit à un rituel très archaïque et bien antérieur à la civilisation étrusque, soit, ce qui est beaucoup plus probable, à un sacrifice-sacrement comparable à l'inititaion dans les Mystères de Mithra.
* le traité des Haruspices; Libri haruspicini
Attribué à Tagès et complété par les Libri fatali. La théorie des Haruspices ou Haruspucine, ou Haruspicie selon d'autres, soit la lecture des entrailles des victimes sacrifiées, présuppose la correspondance entre trois niveaux différents : le divin, le cosmique et l'humain. Chaque portion de l'organe examiné indique une décision divine prédisant un évènement historique imminent. Il existe un modèle de foie de mouton en bronze, découvert à Plaisance en 1977, servant de maquette comportant les noms d'une quarantaine de dieux et datant du III° ou II° siècle av.J.C. et représentant la structure du monde et la distribution du panthéon.
* Libri fatali
Selon ces "Livres du Destin", une vie humaine se déroule en douze temps. Après le douzième, les hommes, selon Varron, "sortent de leur esprit" et ne reçoivent plus aucun signe des dieux. De même les peuples et les nations ont un terme fixé par le Cosmos. Il s'agit là d'une conception très ancienne que cette croyance en un déterminisme cosmique autant qu'existentiel, que l'on retrouve dans de nombreuses sociétés traditionnelles.
Le règne de l'Au-de-là
Les Enfers étrusques sont originaux, car bien qu'étant définis au départ comme un lieu terrible gardé par des monstres, on trouve au IVe siècle des tombeaux ornés de scènes joyeuses tels que des banquets, des danses ou des parties de chasse. Ces enfers communiquaient avec le monde des vivants grâce au mundus (trou). Il n'est cependant pas simple de reconstituer les croyances sur l'existence d'outre-tombe. Les inscriptions funéraires indiquent seulement la parenté maternelle du défunt, et la mère semble avoir été considérée moins comme une personnalité individuelle que comme un membre de référence de sa lignée. Les fresques des tombes étrusques représentent les Enfers d'une manière très différente de celle des grecs, même si les étrusques s'inspirent de l'art grec pour les représenter. Le défunt y arrive à cheval, est accueilli par un groupe de personnages qui sont probablement ses ancêtres, un banquet l'attend, festin présidé par la version étrusque de Hadès et Perséphone. Toute une variété de démons sont présents, qui ne sont pas d'origine grecque. Leur chef, Charun, en dépit de son nom grec Charon, est une création originale de la mythologie étrusque. Mais son rôle semble se limiter à l'accueil de l'âme, il fait en quelque sorte figure d'huissier, puisqu'à en juger d'après les scènes des fresques, le défunt semble connaître une existence post mortem toute de plaisirs.
Le panthéon étrusque
Les divinités étrusques seront ensuite adoptées par les Romains. Voici les principales :
* Tins : Zeus (Jupiter) ;
* Uni : Héra (Junon) ;
* Velch : Héphaistos (Vulcain) ;
* Turan : Aphrodite (Vénus) ;
* Nethuns : Poséidon (Neptune) ;
* Turms : Hermès (Mercure) ;
* Maris : Arès (Mars) ;
* Aritimi : Artémis (Diane) ;
* Mnerva : Athéna (Minerve) ;
* Fufluns : Dionysos (Bacchus) ;
* Hercle : Héraclès (Hercule) Ce dieu était très populaire en Étrurie et possédait une mythologie originale, différente de la tradition grecque et comportant certains éléments d'origine orientale rappelant le Melqart phénicien
* Aita : Hadès (Pluton) ;
* Vanth : Démon infernal;
* Charun : Charon, le « nocher des Enfers » ;
* Artha : Arachne (Ariane) ;
* Laris : les Lares.
* Voltumna : Vertumnus
Les douze dieux principaux, rapidement identifiés avec les douze dieux de l'Olympe hellénique, constituaient le second rang de la hiérarchie céleste dans les croyances religieuses des Étrusques.
Le premier rang en effet était occupé par des divinités mystérieuses, impénétrables, dont on ne connaît ni le nom ni le nombre, dont il n'existe nulle représentation. On les désignait par des termes vagues, généraux, de « dieux voilés » (dii involuti).
Le troisième rang était constitué par des divinités qu'on ne pouvait classer dans les deux autres catégories : les divinités infernales.
Venaient enfin le monde des esprits, des démons, des êtres surnaturels, médiateurs entre les hommes et les dieux, innombrables. On les désignait du nom de Pénates, de Lares, de Manes, ou tout simplement de Génies.
A.P. in arte Floreal scrisse, mai-juin 2004 |
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| Reconstitution d'un four à céramique, atelier d'archéologie expérimentale |
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| Reconstiturion d'un trousseau funéraire |
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| Visage féminin, Vulci, musée |
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| Sarcophage féminin, Vulci, musée |
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| Tombe du "Bronzetto di Offerente" , dite " a edicola", Parc Archéologique de Populonia-Baratti, moitié du VIème siècle Av.J.C. |
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